Vous préparez le Cotopaxi ! C’est une des ambitions ou même l’objectif du voyage ? Vous voulez faire un 5000m ? Gravir le Chimborazo ? Ce carnet de voyage de préparation à la haute altitude vous emmènera progressivement du Cuicocha au Fuya Fuya, au Rucu Pichincha, au Corazon, à las Ilinizas, pour finir au sommet du mythique volcan du Cotopaxi et de sa vue spectaculaire ! Ca donne envie non ? Il donne des indications sur les temps de parcours, la logistique, la préparation, … Bref une bonne introduction à votre préparation ; )

Lagune de Cuicocha

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Information sur le lieu :
Au pied du volcan Cotacachi. La lagune de Cuicocha est un ancien cratère de ce dernier. Les deux îlots situés en son centre proviennent de petites éruptions qui ont suivit l’éruption principale.

itinéraire :
Le chemin est très évident. Il n’y a aucune difficulté technique. Le tour peut se faire en baskets. Il fait 14km et pas plus de 500 mètres de dénivelé en cumulé. On marche entre 3100 et 3450 mètres d’altitude. Le tour est annoncé 5h. C’est effectivement ce qu’on a mis avec 3 pauses pique-nique, une séance de révision d’espagnol pendant une demi-heure et un retour sur nos pas pour remonter des escaliers dans le but de nous entraîner encore un peu physiquement avant nos prochaines ascensions.

Pour y arriver :
Nous avons pris le taxi d’Otavalo jusqu’à la lagune (10$). On a mis 1/2 heure avec un chauffeur pas très pressé. Nous avons pris son numéro de portable afin d’être flexible pour l’heure de retour.

Le Fuya Fuya

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Information sur le lieu :
Le Fuya Fuya est un volcan éteint formé de deux sommets (est et ouest). Le rocher n’est pas volcanique mais plutôt granitique et bien structuré (On a trouvé un bloc au sommet).

Itinéraire :
Le chemin est marqué et passe dans des pentes herbeuses qui deviennent plus raide lorsque que l’on commence a attaquer le sommet. Malgré le brouillard on a pu profiter de nos premières impressions de la montagne en Equateur. On a pu tester nos pantalons de pluie dans l’herbe mouillée. Très utiles! On arrive, après une dernière partie sur l’arête sommitale, au sommet est en 1h25. Une descente raide mais avec des bonnes terrasses et un passage sur du bon rocher (T4), nous permet d’atteindre le col. Lors de la remonté vers le sommet ouest, on a choisi une variante coté sud mais très proche de l’arête et on gravi une fissure intéressante (II+) de 8 mètres environ. On arrive dans un mini-col (il serait plus facile d’arriver ici du coté nord et d’éviter la fissure) et 3-4 minutes plus tard on a atteint le sommet ouest (4279m) après 1h45 de montée. Pour la descente, on retourne au niveau du col entre les deux sommets. Un chemin descend directement du col et rejoint plus loin le chemin de montée du sommet est.

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Pour y arriver :
Prendre une camionetta d’Otavalo à la lagune de Mojanda (30 min – 15$ l’aller). Nous avons convenue d’une heure de retour avec le chauffeur pour venir nous chercher car ça ne capte pas toujours bien à côté de la lagune.

Rucu Pichincha

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Nous avons voulu nous réacclimater à l’altitude avant de monter plus haut. Nous avons donc décidé de faire le Rucu Pichincha, la montagne emblématique de Quito. Le Rucu Pichincha est un volcan de 4696 mètres qui surplombe la ville de Quito. Un téléphérique qui part de la ville monte jusqu’à 3947 mètres. De là un promontoire permet d’admirer la vue sur Quito et, lorsqu’ils ne sont pas dans les nuages, plusieurs volcans emblématiques de l’Equateur.

Derrière la station du téléphérique et en passant par une petite chapelle, commence le chemin pour le Rucu Pichincha. Le chemin principal part sur la droite et suit une arête. Nous avons fait une variante en passant par la gauche par une petite quebrada (vallée) avant de rejoindre l’arête avec le chemin principal à 4170m. Dès les premiers pas, nous avons déjà remarqué que la marche en altitude était plus dure après les 4 jours en amazonie à seulement 200m.

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Nous avons continué sur la deuxième partie de l’arête qui est large et facile (T2) jusqu’à une bifurcation. La voie normale fait une longue traversée dans les pentes nord-est, puis monte péniblement par une piste de sable avec les derniers 50 mètres plus raides où il faut utiliser un petit peu les mains (T4). Cela sera notre chemin pour la descente. Au lieu de ça, nous avons directement attaqué la belle arête rocheuse sud-est qui monte directement au sommet. C’est une ligne évidente mais aussi bien raide avec des passages d’escalade modérés.

Après un début plutôt facile (T4+) on arrive sur une partie raide et bien rocheuse. Nous avons hésité pour une attaque directe sur l’arête (cela aurait été probablement mieux et moins expo) mais nous nous sommes laissé tromper par des traces dans la pente à droite de l’arête ce qui nous a obligé de faire un passage assez difficile avant de rejoindre l’arête ; un couloir glissant avec de la boue, une traversée assez expo et finalement un mur de 10 mètres presque vertical (III) au dessus du vide. C’était la limite de ce qu’on pouvait faire sans la corde. Nous sommes ensuite arrivé au Paso de la Muerte qui, contrairement à ce qu’indique son nom, est un col sympa avec un peu d’herbe. Après une partie moins dure (T5,I, pas soutenu) le deuxième passage clé était une traversée et une petite arête aérienne avec de l’escalade en II+. Puis, c’est la fin des difficultés. Ensuite, il faut naviguer encore en peu pour trouver le chemin entre quelques tours. Les derniers mètres sont de la marche dans le sable.

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Nous sommes arrivé au sommet dans les nuages, comme souvent en Equateur. Mais le reste de la montée avait été plutôt beau. Nous avons mis 2h40 pour la montée. Après 25 minutes sur le sommet nous sommes redescendu par la voie normale sans problème en 1h30 environ. Sur les 15 dernières minutes nous nous sommes pris un gros orage mais heureusement nous étions presque arrivés à la station. La course est une belle traversée mais qui pourrait être limite sans l’utilisation de la corde. C’est aussi une belle montagne dont on a eu la chance de pouvoir l’apercevoir quelque temps.

El Corazon

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Restant quelques jours à Machachi, nous avions plusieurs options de randonnées autour de nous. Après avoir fait l’Iliniza Norte, nous hésitions entre le Corazon et le Ruminahui. En discutant, nous avions l’impression que sans guide, nous pouvions avoir des difficultés à accéder au parc national du Cotopaxi, d’où commence l’ascension du Ruminahui. Nous avons donc opté pour le Corazon.

Le parking Ingacorral (le nom est pas nécessairement connu chez les taxi), situé à environ 3700 mètres, est accessible par El Chaupi et comme souvent par une route bien trouée et sur la fin par des chemins de terre. Au parking, nous devons nous enregistrer (noms et numéros de passeport). Au départ de la randonnée, on suit une route en terre jusqu’à 4020m. Puis dans un virage, un panneau indique le chemin pour le Corazon. Celui-ci qui coupe droit vers le sommet. Le chemin se voit plutôt bien mais en cas d’humidité on recommande fortement de prendre un pantalon de pluie parce que l’on marche souvent dans l’herbe haute. Le ciel était déjà bien couvert mais nous pouvons voir le sommet de temps en temps. La rando est importante en distance. Du coup la première partie est plutôt plate. Plus tard, on arrive sur une sorte de plateau avant de enfin rejoindre l’arête qui mène au sommet. L’arête est assez sympa. La plupart du temps assez facile (T3) avec un passage clé au milieu ou il faut grimper un peu sur du bon rocher pour éviter des couloirs avec de la boue (T4+). Le chemin est très logique et on peut pas le manquer (encore moins si on utilise windy maps).

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Au moment ou nous étions sur l’arête, il a commencé à pleuvoir, puis à neiger. On a quand même continué pour pouvoir arriver au sommet. On était un peu tendu par crainte qu’un orage arrive donc nous n’avons pas trainé sur les derniers mètres. Heureusement, sur le sommet (4790m), on a pu profiter de quelques minutes de répits. On a mis 3h heures pour y arriver. Pour la descente ça a tout juste suffit pour désescalader les pas un peu délicats avant qu’il recommence à neiger et pleuvoir. Mais le pire n’était pas encore arrivé car ensuite, il s’est mis à grêler. Sur les parties faciles, nous sommes descendu en courant pour ne plus être sur l’arête au cas d’orage.

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Le reste de la descente s’est fait sous la pluie. C’était un peu dur pour le moral mais le terrain était très agréable pour marcher, notamment pour les genoux. Pour retrouver le parking on a mis 5h au total, ce qui est possible sans faire trop de pauses. Du parking, nous sommes encore descendu 20 min de plus, jusqu’à ce que la route soit carrossable, parce que la camioneta n’a pas pu monter sur la partie en terre du chemin à cause de la pluie. Malgré la pluie, c’était une belle randonnée et on était content d’avoir fait notre plus haut sommet en autonomie.

Ilinizas Norte

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Après quelques randonnées sur les sommets à 4000, nous avons voulu essayer de faire notre premier 5000. L’Iliniza Norte est souvent un candidat pour cela en Equateur.  S’élevant à 5126 mètres d’altitude, il n’est pas très technique contrairement à son voisin l’Iliniza Sud et il ne comporte pas de glacier à son sommet. Pour les montagnes de plus de 5000 mètres, il est mieux d’avoir un guide. En me renseignant sur la montagne avant le voyage, j’étais tombé sur un rapport d’une personne ayant fait l’ascension avec le gardien du refuge des Ilinizas qui se surnomme El Gato. J’ai réussi à avoir ces coordonnées grace à Tout Equateur et à le contacter afin de convenir d’une date pour faire le sommet avec lui. L’Iliniza Norte peut se faire en un ou deux jours. Nous avons choisi de le faire en deux jours, donc de dormir au refuge situé à 4750, pour l’acclimatation.

Montée au refuge :

A dix heures notre guide, El Gato, est venu nous chercher à l’hôtel avec une camioneta pour monter jusqu’ au parking (3960m). Avant d’entrer dans la réserve des Ilinizas nous avons dû nous enregistrer (numéros de passeport et les cartes des clubs alpins nous ont été demandées). Au parking, le guide nous a laissé partir avant lui. Finalement, il ne nous rattrapera que quelques mètres avant le refuge (4750m). Le chemin de montée au refuge est bien indiqué. Nous n’avions aucune chance de nous perdre. Nous avons mis 2h10 pour les 800 mètres de dénivelé.

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Pas longtemps après notre arrivée au refuge, un gros orage a éclaté. La pluie a continuée toute la nuit, nous rendant de plus en plus septique quand à l’ascension du lendemain.

Ascension :

La longue nuit à commencée et nous avons tous les deux plus ou moins souffert de l’altitude. A 4 heures du matin (heure initiale ou nous devions nous lever), la pluie ne s’est toujours pas arrêtée. Nous retentons un nouveau réveil et une nouvelle chance à 5h. Toujours pas de visibilité et la neige tombe. Pourtant, nous étions motivés de nous bouger et tenter notre premier 5000 et notre guide était optimiste.

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Après quelques minutes de marche, il faut mettre les mains quelques fois et on suit l’arête tout en zigzagant entre les rochers. On continue et ça fait plaisir parce qu’on avance bien malgré la neige (10 cm). On arrive au « Paso de la Muerte » qui est une traversée dans la pente nord avant de remonter par des petits couloirs et des vires pour finalement arriver au sommet (5126 mètres) après 1h20 et environ 400m de dénivelé. Les difficultés peuvent être décrites comme T5, I. On a porté les baudriers mais finalement on n’a pas utilisé la corde. Sur le sommet, il faisait froid et humide, avec une vue de maximum 20 mètres. On a donc toute de suite recommencé avec la descente. Mais après quelques minutes de descente les circonstances on changé et la vue c’est beaucoup améliorée. On a pu faire des photos avec une ambiance de haute montagne assez géniale et on a même vu le Cotopaxi !

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Pour la deuxième moitié de la descente on est parti dans la pente sud et on a pu courir dans le sable et les petits cailloux. Ainsi, on a rejoint le refuge en 40 minutes. Après un petit-déjeuner on est descendu au parking. Comme le chemin passe surtout dans du sable et de la terre, nous n’avons pas mis plus d’ une heure pour les 800m de dénivelé. La camioneta nous a déjà attendu. On était très content de notre premier 5000 et on était satisfait d’avoir eu un guide qui nous a fait confiance et qui nous a laissé pas mal d’autonomie.

Le Cotopaxi !

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Nous avions choisi comme une de nos destination l’Équateur, notamment à cause de ces volcans. Nous étions curieux de les voir et d’en gravir quelques uns. Le Cotopaxi nous a intéressé car il a vraiment la forme typique du volcan : un cône parfait avec le cratère en son centre et comme il est actuellement actif on peut voir des nuages de fumée sortir du cratère. Le Cotopaxi s’élève a 5897 mètres d’altitude, il est obligatoire de faire son ascension avec un guide. Comme nous avions vraiment envie de tenter son ascension, nous avons chercher un guide déjà avant le départ du voyage.

Recherche du guide :

En se renseignant sur internet, nous avons trouvé qu’il était possible de contacter un guide par l’ASEGUIM, l’association équatorienne de guide de montagne. Sur leur site internet, on peut voir les membres et avoir leurs coordonnées. Parmi tous les membres, nous en avons contacté un au hazard. En parallèle, nous avons contacté deux agences sans grand succès. Au contraire, le guide contacté en direct nous a tout de suite répondu. Nous avons fixé une date d’ascension avec lui et il s’est occupé de la réservation du refuge et du permis. Nous sommes restés pas mal en contact par whatsapp avec lui et nous avons pu le rencontrer 5 jours avant l’ascension afin de voir ensemble les détails de l’ascension. Par exemple, pour le matériel nous avons décidé de prendre notre propre matériel de montagne que nous utilisons dans les Alpes.

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Montée au refuge :

La veille de l’ascension, Camilo vient nous chercher avec son 4×4 et on monte dans le parc du Cotopaxi, jusqu’au parking à 4650 mètres. On voit bien le refuge et il semble super proche mais finalement nous avons mis 35 minutes pour gravir les 200 mètres de dénivelé dans le sable et les petits cailloux. A peine nous commençons à marcher qu’il se met à pleuvoir. C’est devenu un peu la routine, mais à un moment Michel à senti l’électricité pas loin. On descend en vitesse de l’arête sur laquelle nous étions en train de marcher et on a continuer la monté dans une espèce de creux.

Le refuge était une belle surprise après les Ilinizas. Il est grand, propre et agréable. Le repas est très bon. D’après Camilo, il est fréquent que certains weekend, il accueille jusqu’à 120 personnes. On a eu de la chance puisque ce soir-là, nous n’étions que 20. On s’est couché à 19h30 et on a plutôt bien dormi par rapport au refuge de las Ilinizas. On devait être mieux acclimaté pour supporter cette nuit à pratiquement la même altitude que le Mont-Blanc. Après une discussion avec Camilo, nous avons décidé de nous lever à minuit. Une heure plus tard que les autres cordées. Camilo a pensé qu’on pourrait aller vite et que si on arrivait trop tôt sur le sommet, avant le levé de soleil, on ne pourrait pas attendre sur le sommet à cause du froid. Donc il fallait mieux arriver plus tard que trop tôt.

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Ascension :

Il est minuit. Le réveil sonne. Après un petit déjeuner rapide, nous nous préparons au départ. Nous sommes bien habillés : un pantalon polaire en dessous de mon pantalon de montagne pour moi, le pantalon de pluie par dessus le pantalon de montagne pour Michel. Le début de la marche se passe encore dans le sable. C’est raide mais on avance vite. Une heure plus tard, nous arrivons au glacier. Nous y rejoignons 2 des 6 cordées qui tentent aujourd’hui l’ascension et qui finissent de mettre leur crampons. Il fait froid et en plus de chausser les crampons, on enfilent des affaires chaudes en plus : masques pour le visage, gants doudounes. Sur le glacier, je ne me sens pas très bien. La montée est raide et on ne traîne pas. J’ai un peu mal au ventre et je me demande à ce moment là comment je vais faire pour arriver au bout alors que nous sommes qu’à 1/4 de l’ascension. Je me concentre alors sur ma respiration. Je respire à fond: Je n’ai jamais autant souffler que pour cette ascension. Plus tard, Camilo nous dira qu’il trouvait qu’on a avancé vite mais comme il nous a pas entendu souffler trop fort, il a continué sur ce rythme.

Ensuite, nous arrivons sur une longue traversée. Cela fait du bien. On arrive à reprendre notre souffle et à nous reposer plus ou moins. Nous commençons à faire un peu plus de pauses afin d’arriver au sommet au lever du jour. Il fait vraiment froid et on se rend compte qu’on est un peu limite avec notre matériel (surtout pour les chaussures). On rajoute nos doudounes en plus de toutes nos épaisseurs. Puis, on attaque la montée finale : 200 mètres encore bien raides avant le sommet. On commence à sentir le souffre à certains endroits. Michel souffre aussi durant ces derniers mètres qui n’en finissent plus. Puis, le sommet arrive en même temps que le soleil. Une ambiance indescriptible tellement ce qui nous arrive est émouvant. Toutes les cordées se félicitent. Ce matin, tous le monde aura réussi à arriver en haut mais tout le monde semble avoir beaucoup souffert. Nous avons mis environ 5h pour la montée avec les pauses pour arriver au bon moment au sommet.

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Au sommet, les autres volcans se découvrent : Chimborazo, Cayambe, Antisana, las Ilinizas. Malgré le froid, nous sommes restés presque une 1/2 heure afin de profiter du spectacle.

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A la descente on découvre le paysage du glacier avec le chemin qui zigzag entre des crevasses et des séracs impressionnants. Sur la neige et plus tard le sable on arrive à descendre vite et à atteindre le refuge en 1h45.

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Pour ceux qui veulent en savoir plus, voici le lien  du blog de nos deux aventuriers !

 

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