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Monthly Archives: décembre 2016

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Après des expériences de voyages en groupe et agence, c’est le grand jour pour se lancer dans une aventure un peu plus solitaire, quoique, nous serons deux pour l’aventure, avec mon espagnol qui tient à peu près la route et un anglais plus approximatif mais bien secondé. La liberté de choisir où s’arrêter quand et où nous voulons n’a pas d’égal à dépendre d’un itinéraire que l’on doit suivre à la lettre ce qui nous a permis de modifier l’itinéraire au fur à mesure de notre voyage de 18 jours en Equateur.

 

Nous prenons notre avion avec la compagnie Ibéria jusqu’à Madrid, durée du trajet 2h, puis après une petite attente de 3-4h, un avion jusqu’à Quito avec environ 11h de vol. Ce n’est pas la meilleure compagnie du monde, les hôtesses sont peu souriantes mais le trajet se fait sans soucis.quito-sept-2016-14

Nous arrivons à Quito, un peu plus tôt que l’horaire prévue, vers 16h, il ne fait pas encore nuit mais ici le soleil se couche assez tôt, un peu après 18h. L’aéroport a été reconstruit en dehors de la ville, il se situe à 45 minutes du centre ville. Il est assez petit, loin d’être comparable à Orly ou Roissy, mais plutôt pratique! quito-sept-2016-9

Tout est bien indiqué, nous avons le choix entre plusieurs types de transports pour rejoindre notre hôtel, comme la nuit va bientôt tomber, nous décidons de prendre le taxi dans un bureau à l’aéroport, où les prix sont fixes et clairement bien indiqués, 26$ la course. L’occasion de parler un peu avec le jeune chauffeur de taxi qui a presque notre âge, une première discussion sympathique sur notre programme en Equateur, nous parlons un peu du pays…

 

Quito est la deuxième capitale la plus haute du monde, la ville culmine à 2850 mètres d’altitude, il faut quelques jours pour s’acclimater mais nous n’avons pas de sensations bizarres pour le moment. Nous arrivons à la tombée de la nuit à l’hôtel Solera House à 40$ la nuit. C’est un hôtel de notre partenaire « Tout équateur », un réseau solidaire de voyage français, avec qui nous avons beaucoup échangé avant, pendant et après le voyage. Ils nous ont beaucoup aidés à construire notre itinéraire et nous donner aussi quelques bons conseils.quito-sept-2016-7
L’accueil est bon, nous sommes deux et avons une chambre avec un énorme lit, et 3 lits supplémentaires dans la même chambre! Ce soir, nous profitons de découvrir les alentours, sans trop s’éloigner non plus, la Calle de la Ronda est derrière notre hôtel, c’est la plus ancienne ruelle coloniale de Quito, il y a de nombreux bars et restaurants avec sa rue entièrement en pavée! La présence policière est rassurante. Nous mangeons pour presque rien une empanadas al vento, (au vent), car il est gonflé mais appart une petite garniture, il n’y a pas grand chose. Une première découverte des spécialités du pays.quito-sept-2016-8
Avec le décalage horaire il y a -7h, quand il est 20h à Quito, il est 13h à Paris. Mais avec l’avion nous sommes fatigués, première nuit fraîche à Quito…

Jour 2 :

Le premier réveil en Equateur à plus de 2800 mètres d’altitude se fait en douceur, la nuit est assez agitée en plein coeur du Quito Colonial, entre les bruits des chiens errants et les coups de sifflets des agents de circulation, difficile de faire la grasse matinée. Ce matin, nous découvrons le premier petit déjeuner typique, avec le traditionnel jus de fruits, à la fraise, celui là est délicieux! accompagné par une brioche, café et spécialité locale avec du fromage, le sucré/salé est quand même pas dans nos habitudes le matin.
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Nous avons rendez-vous avec l’équipe de « Tout Equateur », pour finaliser les derniers détails et conseils pour notre road trip. Ils sont très serviable et à l’écoute, moyennant 45$, nous avons le droit à une carte qui nous permets d’avoir des réductions chez leurs partenaires (hôtels et excursions), ainsi qu’une assistance téléphonique 24h/24 et le prêt d’un téléphone avec 30 minutes d’appels pour la durée du séjour.
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A 11h, se tient la relève présidentielle comme tous les lundis, nous avons la chance de pouvoir assister à ce spectacle qui réunis les locaux autour de la plaza de la Independencia. Devant le palais présidentiel, une parade qui va durer une petite heure, où le président salue la foule et les sympathisants lui répondent par un « viva el presidente ». Rafael Correa est un président populaire et très apprécié, et le voir de très près est assez impressionnant.
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Nous continuons la visite de Quito colonial, avec son architecture coloniale, la capitale a d’ailleurs été élue Patrimoine de l’Humanité par l’UNESCO en 1978 et nous comprenons pourquoi! Avec notre budget serré, le choix est plutôt visuel que de rentrer dans les détails. Nous passons devant la Basilica del voto nacional, qui ressemble à nos cathédrales françaises. quito-sept-2016-5Ce midi, nous mangeons sur le marché central, qui ressemble aux autres marchés que j’ai pu découvrir en amérique latine, couvert avec plusieurs stands pour manger copieusement à un prix imbattable, avec également des comptoirs à viandes, poissons, fruits… Pour moins de 4€ par personne, nous avons le droit à une entrée, plat, dessert. Les portions sont plus que raisonnables à notre grand étonnement !
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L’après-midi, nous finissons de découvrir la partie coloniale de Quito, avec les édifices qui se succèdent, difficile de tous les retenir, les plus impressionnants peut-être le convento San Francisco : le monastère qui occupe probablement l’emplacement de l’ancien palais de l’inca Atahualpa et le Museo de Arte Colonial : qui décline l’histoire colonial de Quito à travers peintures, sculpture, objet en ivoire…
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Coup de coeur : Pour aller boire un chocolat chaud, l’établissement Tianguez, situé au pied du Convento San Francisco, très bon chocolat, le meilleur du séjour! l’établissement colabore avec l’ONG Sinchi Sacha, association de commerce équitable.
La seule visite gratuite que nous décidons finalement de faire, sur présentation du passeport, c’est le Museo Casa Sucre : c’est le lieu où vécu 18 mois, le général Sucre (1795-1830), héros de l’indépendance de l’Equateur. Un lieu intéressant pour s’immerger dans l’histoire du pays et de comprendre un peu le contexte politique de l’époque et le lien avec Bolivar, l’autre libérateur de plusieurs pays d’Amérique du Sud.
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La journée se termine par un dernier tour sur la plaza independencia, pour découvrir sur la place, un petit patio qui mène à une cour intérieur avec une terrasse, très colorée et des restaurants et boutiques souvenirs sur le dessus, un coin sympathique pour se balader.
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Dépassé 18h, le soir ne tarde pas à tomber, nous sommes surpris des coups de soleil, qui forcément à attitude élevée arrivent plus vite. Le passage du jour à la nuit se fait ressentir au niveau des températures qui chutent brusquement, d’une vingtaine de degrés, il fait maintenant 7-8°.

Nous retournons dans la fameuse Calle Ronda, près de l’hôtel, l’atmosphère y est plus romantique. Nous mangeons ce soir dans un restaurant où nous pouvons déguster le Llapingachos : sorte de purée de pomme de terre avec du fromage, et chorizo, très bon! Une très belle vue sur la ville de nuit!

Il est temps de rentrer! dernière nuit sur Quito avant de partir demain pour les Galapagos! La ville bien que bruyante et polluée n’en reste pas inintéressante.
Merci à Guillaume pour son carnet de voyage ! Visite son blog pour suivre ses aventures

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A la découverte de l’Amazonie – 3 jours aux cabanes Nanambiiki

Je rêvais de découvrir l’Amazonie et ses immenses forêts, d’observer ses animaux et de connaitre ses secrets. Pour une question de temps, je n’ai pas pu me rendre dans la réserve du Cuyabeno…Une prochaine fois !!

Accompagnée d’une amie, nous avons choisi les portes de l’Amazonie, avec les conseils de l’équipe Tout Equateur.

Nous sommes parties aux cabanes Nanambiiki, dans la communauté Kichwa de Campo Cocha, située près de Tena. Pour nous y rendre, nous avons pris le dernier bus de nuit direction Tena. 5, 6 heures plus tard, nous étions à Tena. Arrivées à l’aube, César, notre guide et propriétaire des cabanes nous attend ! Nous dégustons un « morocho » (boisson chaude à base de maïs et de lait, aromatisée de cannelle) en attendant le bus qui nous conduira à la communauté de Campo Cocha. Une marche de 15 minutes est nécessaire pour rejoindre les cabanes.

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Nous arrivons vers 6h. Fatiguées du voyage, nous partons faire une petite sieste en attendant l’heure du petit-déjeuner que nous partageons avec un groupe de voyageurs !

Nous partons ensuite pour une excursion en canoë sur la rivière Arajuno sous les regards des singes.

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Premier arrêt au musée kichwa. Nous y découvrons la culture et les traditions des kichwas, ainsi que les différentes techniques de chasse.

Nous tentons d’utiliser la sarbacane, outil de chasse plutôt difficile à manier !!

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Nous continuons vers le petit village d’Ahuano pour observer un atelier de céramiques et de poteries. Les couleurs sont faites à partir de plantes et matériaux naturels. Nous retournons à bord de notre canoë pour déjeuner au bord de la rivière. Pas d’assiettes, pas de problème, nous utilisons des feuilles de bananier ! En plus, c’est biodégradable !

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La dernière étape de cette excursion est la visite du parc Amazoonico. Ce parc est en fait un refuge pour les animaux blessés, provenant du trafic animalier ou abandonnés par leurs maitres quand ils étaient animaux de compagnie. Certains animaux seront par la suite relâchés dans la nature.

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En fin d’après-midi, nous rejoignons nos cabanes et partons nous rafraichir dans la rivière.

Dans un arbre, près de la rive, se cache le plus petit singe au monde, le singe Ouistiti pygmée.

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Le soir, nous discutons et partageons quelques bières avec notre guide. Il nous parle des défis quotidiens de sa communauté, des dangers de l’exploitation pétrolière et minière et de son désir de préserver et protéger son environnement. Il lutte chaque jour pour le respect des droits de sa communauté et des indiens Kichwas. C’est pourquoi, il aime faire connaitre sa région et ses combats afin de faire comprendre aux voyageurs la nécessité de préserver la nature et ses richesses.

Le deuxième jour, nous partons pour la journée dans la forêt amazonienne.

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Nous suivons les traces des animaux, écoutons des toucans et découvrons les usages des plantes médicinales … C’est magique !!

Nous avons la chance d’observer grenouilles multicolores et des oiseaux préhistoriques : les hoatzin.

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En longeant le ruisseau, nous rencontrons une famille kichwa qui recherche de l’or. Elle nous explique les techniques, mais nous ne trouvons seulement qu’une petite pépite… Par la suite, l’or trouvé est vendu à Tena.

Après le déjeuner, direction le mirador, d’où la vue est spectaculaire. Nous sommes entourées de forêts primaires et secondaires.

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De retour aux cabanes, Cesar, nous propose de faire du chocolat. Grandes amatrices de chocolat, nous acceptons !!

Tout d’abord, il faut enlever les graines du fruit du cacaotier, les faire cuire puis les mouliner. Nous obtenons ainsi une pâte à laquelle il faut ajouter du sucre et voilà nous avons du chocolat.

Après le diner, épuisées de notre randonnée, nous partons nous coucher.

Le troisième jour, c’est déjà la fin de notre périple en Amazonie. Nous prenons un bus retour vers Tena.

Merci à l’équipe Tout Equateur de nous avoir permis de découvrir cette petite communauté. Nous avons passé un séjour inoubliable.

Prix par personne : 110 USDphoto-20photo-21

Merci à Marie pour son carnet de voyage !

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Découverte du sud de l’Equateur

En allant en Equateur, mes amis et moi souhaitions découvrir des endroits non touristiques, l’équipe Tout Equateur nous a recommandé la région de Loja, située au sud de l’Equateur, près de la frontière péruvienne. Dans cette région se trouve le parc national Podocarpus reliant les Andes à l’Amazonie.

Nous nous sommes donc rendus au terminal de Quitumbe, dans le sud de Quito pour prendre un bus direct vers Loja – liaison de nuit.

Nous sommes arrivés au petit matin et avons pu admirer les paysages montagneux défiler sous nos yeux.

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Arrivés à Loja, nous avons pris un bus pour Vilcabamba, la ville des centenaires et de l’éternelle jeunesse – 1 heure de trajet. Les couleurs étaient spectaculaires, les Andes du sud sont plus verdoyantes que  celles du nord ! Ce petit village paisible se trouve au cœur d’une petite vallée entourée des montagnes andines, il est connu pour être le village de la longévité. Le climat doux de la région attire de nombreux jeunes retraités étrangers.

Ayant choisi de partir un weekend férié, il a été difficile de trouver un hôtel. Je vous recommande donc de réserver à l’avance vos hôtels pendant les weekends prolongés.   Nous avons finalement trouvé un sympathique petit hôtel (jardin escondido) près de la place centrale pour 12USD avec petit déjeuner.

Après un savoureux petit déjeuner, nous avons profité de la petite  piscine de l’hôtel.

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Nous avons ensuite visité le village avec sa place centrale et son église colorée, à ne pas manquer. Ici, les villageois se rassemblent pour discuter, lire en profitant de l’air frais ou se reposer à l’ombre des arbres…

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Nous n’avons pas visité les alentours mais il parait que  la région offre un grand nombre de randonnées pour découvrir la végétation (bananiers, caféiers…) et admirer les panoramas spectaculaires.

Le lendemain, nous avons décidé de nous rendre au parc Podocarpus en 4×4 depuis Vilcabamba – environ 45 minutes de trajet. Les espèces végétales présentes sur place : le Podocarpus rospiglios et le Podocarpus oleifolius sont à l’origine du nom du parc.

Il existe 3 entrées pour accéder au parc : une vers Zamora qui permet d’atteindre la partie tropicale et l’Amazonie, une depuis Vilcabamba et la dernière se trouve au sud de Loja.

Nous avons choisi l’entrée située près de Loja.

Arrivés au refuge, plusieurs sentiers de randonnée sont proposés :

- une petite heure pour le circuit le plus court

- 3-4heures pour se rendre au mirador et faire une boucle

- plusieurs jours pour explorer le parc en profondeur  (guide obligatoire pour les randonnées de plusieurs jours).

Nous choisissons la balade de 3h00 en faisant un petit détour  par la forêt humide pour observer différentes espèces d’orchidées. Après une heure de marche, nous atteignons le mirador. Par chance, le soleil est au rendez-vous et nous pouvons profiter des panoramas exceptionnels sur les Andes. Après une pause photo, nous continuons de gravir la montagne recouverte de la végétation typique des hautes Andes, le páramo. Peu de randonneurs, air pur et frais, c’est le paradis !

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Nous aurions aimé rester un peu plus longtemps pour profiter de cette tranquillité naturelle mais nous devons poursuivre notre programme et quitter ces paysages de rêve.

Nous continuons notre route jusqu’à Loja dans l’objectif d’atteindre en bus le petit village indien de Saraguro (1h30 de Loja). Les indiens de Saraguro sont vêtus de noir : robes noires, chapeau et bijoux pour les femmes et pantalons courts pour les hommes !

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Nous trouvons un hôtel directement sur place pour 9USD.

Nous sommes les seuls touristes dans ce petit village entouré de montagnes verdoyantes. La place centrale entourée de petites demeures coloniales et d’une petite église vaut le détour.

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Le dimanche, c’est le jour du marché. Nous pensions trouver un marché artisanal mais il s’agit d’un marché de fruits et légumes. Nous admirons ces montagnes de fruits et de légumes aux couleurs vives et goutons de savoureux jus de fruits naturels.

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En repassant par la place centrale, devant l’église, des femmes en tenue traditionnelle fabriquent une couronne de fleurs ! En discutant avec elles, nous apprenons que cette couronne est refaite tous les dimanches pour orner l’autel de l’église.

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Vers 12h00, il est temps de rentrer sur Quito. Pour le retour, pas de bus direct jusqu’à Quito. Nous prenons un bus jusqu’à Cuenca.

A Cuenca, nous en profitons pour flâner dans les rues de la ville, admirons le toit bleu de la cathédrale Immaculada Concepcion et visiter son marché aux fleurs !

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Nous reprenons le bus pour Quito la tête remplie de souvenirs… 8h plus tard, nous sommes à Quito.

Merci à Marie pour ce carnet de voyage !

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4 jours au sein de la communauté de Sarayacu

Vous vous demandez peut-être où se trouve la communauté de Sarayacu ? Peut-être en avez-vous déjà entendu parler ?

Sarayacu est une communauté située au cœur de la forêt amazonienne dans la province de Pastaza à quelques heures en canoë de Puyo.

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Ses habitants (environ 2000) sont Kichwa, ils parlent cette langue et occupent un territoire d’environ 135000 hectares. Ils ont conservé leurs traditions et coutumes et entretiennent une relation sacrée et harmonieuse avec la nature, la Terre Mère (Pachamama). La forêt tropicale est pour eux indispensable à leur survie, elle leur apporte nourriture, médecine, bois pour la construction des maisons et des pirogues !  

Depuis les années 1960, les gouvernements ont commencé à exploiter les ressources naturelles de l’Amazonie, notamment les nappes pétrolifères, détruisant ainsi l’environnement naturel pourtant indispensable à la pérennité des peuples autochtones de l’Amazonie.

Sarayacu est un des exemples les plus célèbres de résistance contre l’exploitation pétrolière. Ses habitants ont lutté contre les grandes entreprises pétrolières et contre l’Etat équatorien au nom de la sauvegarde de la nature, de sa faune et sa flore. Après avoir porté plainte auprès de la Commission interaméricaine des droits de l’homme contre l’État équatorien pour violation de leurs droits fondamentaux de peuples autochtones, ils ont obtenu gain de cause et réparation de la part de l’Etat équatorien. Le peuple de Sarayacu est désormais propriétaire officiel de son territoire. Pour exploiter le sous-sol du territoire,  l’état doit consulter la communauté et obtenir son accord collectif.

Notre voyage à Sarayacu :

Première journée :

Ayant entendu parler de cette communauté et de sa lutte, je suis partie avec 4 amis à Sarayacu pour connaitre et comprendre un peu plus le problème de l’exploitation pétrolière, un thème important en Equateur.

Pour profiter au maximum de notre séjour, nous avons décidé de partir 4 jours.

Ne pouvant nous rendre seuls dans la communauté pour une question de logistique, nous avons contacté l’agence Papangu à Puyo.

Pour accéder à Sarayacu, il existe 2 options : le petit avion de 5 personnes ou le canoë motorisé, il n’y a pas de routes reliant la communauté à Puyo ! Nous optons pour le canoë et choisissons d’effectuer le retour en « avioneta » pour gagner du temps.

L’agence nous prévient que le trajet en canoë durera entre 4 et 5h. Par chance avec les pluies diluviennes de la veille, la rivière est assez haute et nous mettons moins de temps.

Nous partons donc en voiture équipés de nos bottes en caoutchouc et de nos ponchos vers le port d’embarcation. En route, nous apercevons au loin le somptueux volcan Sangay et traversons des paysages de forêts luxuriantes, c’est magnifique !

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Une fois au port, nous embarquons à bord du canoë accompagnés de quelques habitants de la communauté. Nous naviguons durant 3h en profitant des paysages baignés des couleurs du soleil couchant et apercevons des habitations en bois le long du rivage.

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Une fois arrivés à la communauté, nous sommes accueillis par la famille du chef de la communauté, José. Les membres de chaque famille vivent ensemble, ils partagent la cuisine et ont un espace commun pour se retrouver. Les maisons sont faites en bois avec un toit tressé de feuilles de palmier !

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A Sarayacu, il n’y a quasiment pas d’électricité (seulement quelques heures grâce aux panneaux solaires), pas de réseau téléphonique et encore moins internet (seule l’école dispose d’une connexion fonctionnant quand bon lui semble), la déconnexion est complète et fortement appréciée ! Les habitants vivent davantage avec la lumière du jour, ils se couchent relativement tôt vers 20h00 et se lèvent vers 4h00 pour partager un temps en famille et boire la wayusa (thé énergisant à base de plantes) !

Nous rencontrons les différents membres de la famille, jouons avec les enfants avant de diner.  La fatigue se faisant sentir, nous partons nous coucher bercés pas le bruit des insectes et animaux de la forêt !

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Deuxième journée :

Nous sommes réveillés vers 7h par le chant du coq, la journée commence ! Après un petit-déjeuner bien copieux, nous partons explorer la forêt primaire avec notre guide Wilson ! Il nous montre différentes plantes médicinales et nous explique comment construire les toits des maisons.  Malheureusement, avec la pluie, les animaux sont tous aux abris, nous observons tout de même un serpent endormi sur la rive d’une petite rivière. Heureusement que Wilson l’avait vu car ce serpent est l’un des plus dangereux de l’Amazonie ! Nous revenons au village après une marche de 3heures.

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Après le déjeuner, nous aidons les femmes de la famille à faire la « chicha », une boisson traditionnelle à base de yucca. Cette boisson ne peut être fabriquée que par les femmes. L’élaboration de cette boisson est aussi un moment de partage et socialisation. Vous vous demandez sûrement comment fait-on la « chicha » ?! Comme je vous le disais, il y a le yucca mais pour fermenter la boisson, l’ingrédient secret est la salive ! Il faut donc mâcher le yucca  pendant quelques minutes pour qu’elle se liquéfie pour ensuite la recracher. Au début, nous étions un peu réticentes mais au final nous avons passé un moment de convivialité « assez rigolo » avec les femmes de la communauté et nous ne pensions plus trop au partage de salive !!! Une fois le yucca liquide, il faut le laisser reposer 3 jours dans un récipient en céramique pour la fermentation. La salive permet de supprimer microbes et bactéries !

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Le soir, nous avons diné avec José, l’occasion de parler de la résistance de la communauté face à l’exploitation des sous-sols de leur territoire et de la place importante des femmes dans cette lutte. Vers 21h, nous sommes partis nous coucher.

Troisième journée :

Réveillés aux aurores par une poule heureuse d’avoir pondu un œuf, nous partons en canoë pour découvrir le Ceibo, l’un des plus gros arbres de l’Amazonie et source de vie pour la communauté. Pour les Kichwa de Sarayacu, chaque objet, chaque être vivant végétal ou animal possède une âme, un esprit, il convient donc de respecter tout ce qui nous entoure ! Après avoir descendu la rivière en canoë pendant une heure, nous arrivons au lieu sacré. Cet arbre est vraiment géant, il doit avoir entre 200 et 300 ans ! Le temps étant plus clément, nous en profitons pour nous aventurer un peu plus dans la jungle amazonienne à la recherche de la faune. Nous apercevons un toucan en vol. Sur le trajet du retour, nous observons les oiseaux préhistoriques de l’Amazonie, « les hoatzins » et découvrons les techniques de pêche de la communauté. Nous attrapons seulement 3 poissons, cela ne sera pas suffisant pour le repas ! Heureusement, nous croisons le chemin d’une famille vivant à 2h de la communauté, près de la frontière avec le Pérou, ils ont une pêche plus fructueuse que la nôtre.

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Nous aurons donc du poisson au déjeuner !

L’après midi, nous sommes invités à une « minga ». Lorsqu’une famille construit une maison, les familles aux alentours viennent aider et les hôtes reçoivent  en échange la fameuse « chicha », cette boisson traditionnelle !

Nous sommes partis à la recherche des feuilles de palmier utilisées dans la construction des toits des maisons. Nous apercevons une tarentule et un bébé serpent inoffensif ! Après avoir coupé un nombre suffisant de feuilles, nous partons chez la famille pour la « minga ».

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Nous sommes accueillis avec la « chicha » et dégustons ce savoureux breuvage, plutôt bon !  Nous essayons de faire abstraction des différentes salives ayant permis la fermentation de la boisson !

La « minga » est aussi l’occasion pour les familles de la communauté de se rassembler et de partager un moment convivial. Nous discutons avec les différentes personnes du groupe et découvrons davantage leur vie quotidienne.

De retour nous jouons un peu avec les enfants de la famille, dinons et discutons un peu plus avec José.

Quatrième jour :

Aujourd’hui, c’est le tournoi de foot intercommunautaire ! Nous partageons ce moment festif avec la communauté. Notre communauté a d’ailleurs gagné :)

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Nous partons ensuite visiter la place centrale, l’école et le dispensaire.

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Après le déjeuner, notre « avioneta » nous attend, c’est le moment de dire au revoir à la famille et à la communauté. Nous survolons l’immense forêt amazonienne et les richesses qu’elle cache !

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J’ai la chance d’être au côté du pilote, il me laisse même les manettes! Mes amis ne sont pas rassurés !

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Nous voici de retour à Puyo bercé par le bruit des voitures et des vendeurs ambulants, on est bien loin de la communauté paisible de l’Amazonie et pourtant, le vol n’a duré que 40 minutes !

Ce voyage nous aura permis de découvrir les confrontations auxquelles les peuples autochtones font face tous les jours, de comprendre leur combat et de partager des moments uniques à leurs côtés. Nous aurons beaucoup appris de cette communauté qui vit loin de toutes les nécessités créées par notre société occidentale et de la relation forte qu’ils entretiennent avec la nature !

Je recommande fortement cette expérience !

Budget :

50 USD/jour

64 USD l’avioneta

40 USD le trajet en canoë

 Merci à Marie pour ce magnifique carnet de voyage !